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Il
y a le détournement, saisir, s'emparer, posséder, et
regarder la mutation fantasmée.
Le premier sens s'est enfui, j'ai renversé toute ma hardiesse dans
un acte dont je respire l'outrage.
Une torche au poing, je règne. Exultation.
Le deuxième sens ne se révèlera jamais au grand jour, je respecte
les limites de sa confession.
Je me love dans la poussière des ors, des ocres et des ciels soulevée
par mon geste saccageur.
J'ancre des fondations invisibles dans un processus tourmenté mais
bien vivant.
Equation du temps. Reste des lambeaux d'émotion, la surface de la
volonté de vie.
La terre attend, elle respire, un parfum inoûi bouscule mon regard.
Et puis , il y a la révélation, inattendue;
une constellation qui s'articule, subtile.
L'enracinement est certain.
La magie d'une image dresse un enlacement conscient et présent pour
un itinéraire hallucinant.
L'élan des compromissions et des des chocs remplit
l'espace d'une étrange consonance, me pose des questions
impensables, aiguise mon exaltations.
Le jeu.
je regarde le dialogue, il me rassure, les rapports sont complexes,
parfois clandestins.
Le tissage obéit à ma trame intérieure, universelle, mêlant ici
des fils d'amour, là des brins de mort.
Je veille.
La fiction épouse des latitudes et des longitudes, la terre et le
ciel que j'avais humiliés; elle se nourrit de mes passions, de ma
fusion. Toujours.
Ce sont les arabesques des toits byzantins,
les usines qui produisent inlassablement les offensives de tourment,
les jardins inaccessibles qui abritent les réponses, les palais où
je m'attarde pour une heure ou pour toute la vie, les cartes
anciennes qui semblent poser mille questions au vent, les plans où
le chemin juste touche le chemin erroné, les asymptotes obliques
des pas de l'homme qui cherche, les bateaux dont les mâts guettent
l'étoile qui guide, les serpents qui capent l'apparition de
l'absolu, les formules mathématiques comme autant de
tentatives d'exploration, un peuple de flèches, de signes, de
lettres qui ignorent les frontières, la porte ouverte sur l'Orient
où se célèbrent les épousailles secrètes de l'azur et du cri
rouge du corps en proie à la passion, et moi suspendue...
Je saisis, je possède et je
regarde la suite de la mutation. J'entends le chant labyrinthique
percuté par les ondes du doute; il nappe de son souffle précieux
mes histoires d'images.
Et c'est la danse des oiseaux qui réconcilie le ciel et la terre,
rythmique liée à une infinité de destins possibles.
J'y suis.
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