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Ecrits accompagnant la série des dessins"Réseaux, méandres et labyrinthes"

1999-2000

E EcriEts accompagnant la série des dessins" Réseaux, méandres et labyrinthes"
Il y a le détournement, saisir, s'emparer, posséder, et regarder la mutation fantasmée.
Le premier sens s'est enfui, j'ai renversé toute ma hardiesse dans un acte dont je respire l'outrage.
Une torche au poing, je règne. Exultation.
Le deuxième sens ne se révèlera jamais au grand jour, je respecte les limites de sa confession.
Je me love dans la poussière des ors, des ocres et des ciels soulevée par mon geste saccageur.
J'ancre des fondations invisibles dans un processus tourmenté mais bien vivant.
Equation du temps. Reste des lambeaux d'émotion, la surface de la volonté de vie.
La terre attend, elle respire, un parfum inoûi bouscule mon regard. 


Et puis , il y a la révélation, inattendue; une constellation qui s'articule, subtile.
L'enracinement est certain.
La magie d'une image dresse un enlacement conscient et présent pour un itinéraire hallucinant.
L'élan des compromissions et des des chocs remplit 
l'espace d'une étrange consonance, me pose des questions impensables, aiguise mon exaltations.
 Le jeu.
je regarde le dialogue, il me rassure, les rapports sont complexes, parfois clandestins.
Le tissage obéit à ma trame intérieure, universelle, mêlant ici des fils d'amour, là des brins de mort.
Je veille.
La fiction épouse des latitudes et des longitudes, la terre et le ciel que j'avais humiliés; elle se nourrit de mes passions, de ma fusion. Toujours.

Ce sont les arabesques des toits byzantins, les usines qui produisent inlassablement les offensives de tourment, les jardins inaccessibles qui abritent les réponses, les palais où je m'attarde pour une heure ou pour toute la vie, les cartes anciennes qui semblent poser mille questions au vent, les plans où le chemin juste touche le chemin erroné, les asymptotes obliques des pas de l'homme qui cherche, les bateaux dont les mâts guettent l'étoile qui guide, les serpents qui capent l'apparition de l'absolu, les formules mathématiques  comme autant de tentatives d'exploration, un peuple de flèches, de signes, de lettres qui ignorent les frontières, la porte ouverte sur l'Orient où se célèbrent les épousailles secrètes de l'azur et du cri rouge du corps en proie à la passion, et moi suspendue...

Je saisis, je possède et je regarde la suite de la mutation. J'entends le chant labyrinthique percuté par les ondes du doute; il nappe de son souffle précieux mes histoires d'images.
Et c'est la danse des oiseaux qui réconcilie le ciel et la terre, rythmique liée à une infinité de destins possibles. 
J'y suis.


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